• Minstrels

    Minstrels

    << Il n’y a pas encore bien longtemps — quinze ans peut-être — un compositeur français, qui avait l’audace de s’aventurer sur le terrain de la musique instrumentale, n’avait d’autre moyen de la faire exécuter que de donner lui-même un concert et d’y convier ses amis et les membres de la presse ; quant au public, au vrai public, il n’y fallait pas songer ; le nom d’un compositeur à la fois français et vivant imprimé sur une affiche avait la propriété de mettre tout le monde en fuite. Les sociétés de musique de chambre, nombreuses et florissantes alors, n’admettaient sur leurs programmes que tous les noms resplendissants de Beethoven, Mozart, Haydn et Mendelssohn, quelquefois Schumann pour faire preuve d’audace. >> Tel était le commentaire de Camille Saint-Saëns en septembre 1880 à propos du rôle que joua la Société nationale de musique dans l’éclosion de nombreuses oeuvres de musique de chambre de 1870 à la Première Guerre mondiale. Mais cette société ne fut pas la seule à exercer cette stimulation. Que ce soit dans le cas de la sonate de Fauré (1845-1924) ou de celle de Pierné (1863-1937), la rencontre avec un instrumentiste virtuose fut également déterminante.

    Texte de Denis Herlin, directeur de recherche au CNRS (IRPMF) {Extrait du livret du CD}

    Izumiko Aoyagi et Christophe Giovaninetti ont commencé à jouer ensemble à Marseille alors qu’ils étaient étudiants dans la classe de Pierre Barbizet. Ce grand pianiste, qui a constitué avec le violoniste Christian Ferras le célèbre duo Ferras-Barbizet, leur a enseigné pendant quelques années l’art de cette formation. Mais ce n’est que bien plus tard, en 2009, après avoir chacun affirmé indépendamment sa carrière, qu’Izumiko Aoyagi et Christophe Giovaninetti décident de constituer un duo régulier. Ils se sont produits de nombreuses fois en France et au Japon.

    << L’exécution pleine de parfum de ce duo formé récemment mais déjà mûri comme un grand duo d’autrefois, a fortement impressionné… >> (concert à Hamarikiu Asahi Hall de Tokyo, Ongakunotomo novembre 2011).

  • Sonates pour flûte à bec et basse continue Op.2 - Vol 1

    Sonates pour flûte à bec et basse continue Op.2 – Vol 1

    Les douze sonates pour flûte de l’op.2 sont parues en 1712 à Venise, reprises en 1715 à Amsterdam et en 1730 à Londres. Toutes ces sonates sont construites sur le moule de la sonata da chiesa (ou sonate d’église) en quatre, voire cinq mouvements, débutant par un mouvement lent et alternant épisodes graves ou méditatifs et vifs. Marcello se situe là dans la lignée de Corelli, dit << le prince des musiciens >>, qui illumina son temps et sut unir la tradition polyphonique et les exigences nouvelles de l’expression. Avec un génie égal à celui des plus grands musiciens, Benedetto Marcello n’a poursuivi d’autres buts que de suivre son enthousiasme et l’inspiration de sa belle imagination.

  • REGARDS

    REGARDS

    Révéler au grand public, telle une certitude universelle, l’incontestable talent de ces femmes, compositrices, écartées de l’histoire par d’absurdes règles sociétales, est le pari réussi de Didier Castell-Jacomin. Par ses << Regards >> plein de respect qu’il porte sur leurs écritures, il nous en révèle la grande beauté. Clara Schumann, mais aussi Marianna von Martinez, Mel Bonis ou encore Cécile Chaminade sont ici magnifiquement interprétées, suscitant le désir de plus en savoir, de plus en écouter, de plus en découvrir encore pour s’immerger au coeur de ce monde sonore injustement méconnu et dont la découverte est une aventure musicale passionnante. Il est important de souligner le fait que ce disque dédié à ces femmes dexception, nécessitait un studio denregistrement unique. Le pianiste a choisi denregistrer ce disque dans les célèbres studios allemands : TELDEX Studios Berlin.

  • HOUDY / ŒUVRES POUR HARPE

    HOUDY / ŒUVRES POUR HARPE

    S’il n’y a pas de langue plus universelle que la musique, il n’y a pas de langage plus régional à l’échelle de notre planète. La musique française étant quelque peu malmenée depuis plusieurs décennies, j’ai décidé d’écrire un Concerto Français pour harpe et orchestre. C’est-à-dire, d’esprit français. plutôt dans la ligne des compositeurs qui m’ont précédé que de ceux que je côtoie. Une écriture sans << principes >> et sans systèmes, ni Dodéca ni Poly-to (tout cela viellit si mal!). Un orchestre simple: une Flûte, un Hautbois, une Clarinette en la, un Basson et le quintette à Cordes. Étant peu intéressé par l’analyse, je préfère écrire ma musique plutôt que de l’expliquer. De même, je préfère l’imagination des interprètes au zèle des exécutants, en un mot, je préfère les musiciens. C’est pourquoi j’ai choisi d’écrire ce concerto pour Isabelle Perrin, soliste de l’Orchestre National de France. Pierrick HOUDY.

  • Variations Goldberg - The Art of Koto

    Variations Goldberg – The Art of Koto

    Mieko Miyazaki nous fait découvrir sa version des Variations Goldberg au KOTO ! Une prouesse artistique de très haut niveau par une interprète exceptionnelle. Un CD fantastique qui prouve que la musique de Bach est intemporelle et évidemment multi-culturelle.

    « La technique particulière du koto consistant à utiliser la main gauche en appui sur les cordes afin de relever la note d’un demi-ton rend inévitable, dans toute transcription pour koto, que certains sons du texte original restent donc manquants. Rappelons, que les compositions pour cet instrument sont traditionnellement basées sur 13 notes… Déterminée, malgré cette difficulté, à vivre les Variations Goldberg en solo, j’ai commencé en 2002 à transcrire les premières variations. Après ce qui me sembla être un interminable processus de recherche et d’essais, je parachevais, 15 ans plus tard, la transcription de l’intégralité de l’oeuvre. **Mieko Miyazaki**

  • Arenski - Rachmaninov : "Au coeur du romantisme slave"

    Arenski – Rachmaninov : « Au coeur du romantisme slave »

    Ce programme musical est une parfaite combinaison entre 2 styles d’écriture proche de 2 compositeurs russes ayant vécu à peu près à la même époque. L’un, Anton Arensky né en 1861, très marqué par l’influence de Tchaïkovski, l’autre, Sergueï Rachmaninov, né en 1873, lui aussi influencé par le grand Tchaïkovski, ce qui les rapproche en un sens au-delà de leur rencontre au Conservatoire de Moscou ou Rachmaninov étudie l’Harmonie la Fugue et la Composion avec Arensky et le Contrepoint avec Serge Taneïev.

    Notre CD reprend donc les 2 quatuors à cordes n° : 1 et 2 de Rachmaninov inachevés et << en miroir >> le quintette avec piano n° : 1 d’Arensky. L’intérêt ici était de réunir ces deux grands compositeurs russes afin d’entendre à travers leurs oeuvres l’évolution du langage musical de l’époque.

  • AZULEJOS

    AZULEJOS

    Dans l’histoire de l’art, pas uniquement dans le domaine de la musique, existent des cas très particuliers, presque inexplicables, d’artistes dont la provenance est mystérieuse et qui s’expriment avec une originalité absolue. Ils n’appartiennent à aucun courant et seront reconnus bien plus tard comme des << prophètes de loin >>. En peinture, El Greco en est certainement un exemple emblématique. D’où lui vient cette peinture qui utilise la couleur et la lumière de manière si différente du style en vogue à la Renaissance et qu’on retrouvera deux siècles plus tard ? En musique, pensons à Gesualdo da Venosa : d’où vient son chromatisme extrême au-delà de toute convention ? Et les Sonates de Scarlatti ou les dernières oeuvres de Skrjabin ? Evidemment, loin de moi l’idée de comparer Luca Antignani aux artistes cités auparavant. Mais il y a quelque chose dans sa musique et son parcours, quelque chose de totalement personnel et de difficilement classable, quelque chose que l’on peut adorer ou détester mais qui ne laisse pas indifférent, comme toutes choses fortes et originales, quelque chose qui rend particulièrement intéressante l’écoute comparée de ses pièces, immédiatement identifiable et totalement caractéristique, dont on peut suivre les évolutions d’une composition à l’autre.

  • Musique française et russe pour harpe(s)

    Musique française et russe pour harpe(s)

    La musique française et la musique russe ont toujours entretenu des liens culturels, de la francophile impératrice Catherine II à l’admiration du jeune Debussy pour Moussorgski, des voyages de Glinka et de Tchaïkovski en France au long séjour de Boieldieu à Saint-Pétersbourg.

    Ces complicités musicales trouvent un écho harmonieux dans le programme franco-russe de ce disque, consacré à la harpe. Les oeuvres qui le composent furent soit écrites directement pour l’instrument, soit le fruit de transcriptions ou d’arrangement d’airs d’opéra, comme ce fut la mode pendant des décennies. Les tubes de l’époque, de Mozart, de Gounod, de Tchaïkovski et de bien d’autres, étaient variés et confiés aux formations musicales les plus diverses — un lointain équivalent de nos << versions remixées >> ou << remix >> actuels. Cette tradition prospéra des débuts de l’opéra jusqu’au XXe siècle (et même XXIe siècle), comme en témoigne la Fantaisie conclusive de ce disque, composée par Ekaterina Walter Khüne.

  • BRAHMS : "Intégrale des trios pour piano et cordes"

    BRAHMS : « Intégrale des trios pour piano et cordes »

    Françoise Groben nous a quittés le 28 mai 2011. Cette intégrale constitue en quelque sorte son testament musical, nous permettant de continuer à partager cette interprétation magistrale !

    Ce n’est qu’en 1880, soit vingt-sept ans après la composition d’un premier Trio avec piano en si majeur (op.8) que Brahms revint à ce genre musical. Son premier opus de jeunesse, véritable coup de maître néanmoins, ne l’avait pas incité à poursuivre dans cette voie. Peur des illustres modèles de Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert et Mendelssohn, en particulier ? Crainte d’entrer dans le moule d’un univers bien connu et apprécié de tous, mais précisément trop répandu notamment parmi les interprètes amateurs ? On sait que par goût du défi et avec un soupçon de forfanterie, Brahms aimait avant tout se distinguer, surprendre ses auditoires. N’avait-il pas choisi en 1860 puis en 1865, la forme si rare du sextuor à cordes pour livrer à la postérité deux de ses plus grands chefs d’oeuvre de la musique de chambre ? Mais, bien que conscient de son talent, le musicien l’était aussi de ses imperfections comme l’est un artisan précautionneux. Un tel état d’esprit le conduisit régulièrement à remanier ses propres partitions. Le Trio op.8 ne fut pas épargné par l’exercice et la révision intégrale de la partition en 1891, de cet essai de jeunesse, eut lieu trente-sept ans après la composition de la version originale .

  • Six Sonates pour violoncelle et basse dédiées au Roi de Prusse

    Six Sonates pour violoncelle et basse dédiées au Roi de Prusse

    Rarement jouées et enregistrées, dne expression et dne virtuosité impressionnantes. Les Six Sonates pour le violoncelle avec accompagnement de basse op. 4 composées vers 1789, constituent un des joyaux du répertoire de violoncelle. Violoncelliste et compositeur, il fût engagé par le Roi de Prusse Frédéric-Guillaume II au Château de Sans-Souci à Postdam pendant plusieurs années. Il rencontre et conseille Beethoven sur la manière de développer le répertoire du violoncelle qui écrira pour lui ses premières sonates.

  • Wanhal - Beethoven, musique de chambre

    Wanhal – Beethoven, musique de chambre

    Mettre en relief le quintette pour piano et vents en mi bémol majeur op 16 de Beethoven, par deux des trois sonates pour Piano et Clarinette, extraites de l’oeuvre foisonnante de Johann Baptist Waňhal, compositeur tchèque de Bohême résidant à Vienne depuis 1762, permet de s’attarder sur les contrastes de la vie musicale de cette fin de XVIIIème siècle en s’interrogeant plus particulièrement sur la transmission de l’héritage musical mozartien, fait du talent de ce dernier, enrichi par l’apport et l’influence des musiciens de Bohême qui << trustaient >> alors l’enseignement musical viennois et qui, de fait, contribuèrent à façonner le don du compositeur autrichien (Myslivecek) comme Tobias Pfeiffer, autre pédagogue de Bohême, celui du précoce Ludwig.

  • Mélodies

    Mélodies

    Le russe Vadim Borisovski, un des plus grands altistes du XXè siècle, aimait adapter des partitions pour son instrument. C’est lui qui a transcrit certains extraits du << Roméo et Juliette >> de Prokofiev. Poétiques, comme les mélodies de Tchaikovski et Debussy dont s’est également emparé Pierre Lénert. Mais l’alto n’est pas le seul fil conducteur de ce programme, qui suit une véritable filière russe. Par l’empreinte, celle laissée par les ballets de Tchaikovski sur ceux de Prokofiev. Par les contacts indirects, tissés entre le compositeur du << Lac des Cygnes >> et Debussy, qui en adapta trois extraits pour piano à quatre mains. Tous deux ont été en relation par Madame von Meck, la richissime mécène de Tchaikovski : elle employa, trois étés durant, les talents musicaux de celui qu’elle nommait Bussy et qui avait déjà composé certaines de ses mélodies. Connexions russes pour plaisir lyrique sans parole…

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